Repenser l'habitat dans une perspective post-corbuséenne
Ce projet propose une réflexion critique sur la conception d'un quartier résidentiel dense au Bassin Louise, à Québec, en s'appuyant sur les principes corbuséens et les précédents qui jalonnent l'histoire des grands ensembles. L'objectif n'est pas de justifier une forme, mais d'évaluer ce que le projet permet de tester, d'ajuster ou de remettre en question, notamment à partir de l'héritage de Le Corbusier. L'approche corbuséenne est utilisée comme point de départ critique plutôt que comme modèle à reproduire.
Des principes tels que le plan libre, la lumière naturelle, la mixité programmatique ou la libération du sol sont réinterprétés et adaptés au contexte contemporain et climatique de Québec. Le Bassin Louise constitue un site d'expérimentation pertinent, marqué par des tensions entre ville et port, densité et ouverture, climat nordique et qualité de vie. Une attention particulière est portée au socle, conçu comme un dispositif de transition favorisant la porosité et les continuités visuelles.
Le projet privilégie des espaces collectifs, notamment une grande terrasse commune, mieux adaptée au climat local. Sur le plan constructif, l'usage du béton peint en blanc et des murs-rideaux vise à maximiser la lumière et alléger visuellement la masse. Cette stratégie comporte toutefois des limites : la qualité de l'habitat dépend avant tout de l'habitabilité, de la clarté des circulations et de la constructibilité.
Le projet est présenté comme une exploration des tensions fondamentales de l'habitat collectif contemporain plutôt qu'une solution définitive. La forme organique adoptée cherche à rompre avec la standardisation du bâti nord-américain, en enrichissant l'expérience spatiale tout en assumant ses contradictions.